nstitut de recherche et d’informations socioéconomiques
Santé: une étude affirme qu’il vaut «investir massivement» dans la première ligne
Alors que le Parti québécois (PQ) vient tout juste d’être élu, l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) l’exhorte à «investir massivement» dans la prévention et les soins de première ligne.
L’institut de recherche a calculé que, durant la campagne électorale, le PQ a promis d’ajouter 500 millions $ par année dans ces secteurs. L’IRIS croit qu’il faudrait plutôt investir 13 fois plus, soit 6,8 milliards $ par année.
L’institut de recherche de gauche affirme toutefois que ces «investissements pourraient être compensés par des économies importantes en deuxième et troisième lignes». On estime donc au final le coût net de ces investissements à 1,5 milliard $ par année.
«On doit investir massivement maintenant pour arriver à améliorer substantiellement l’accès au service, la santé de la population et éventuellement générer des économies», explique la chercheuse à l’IRIS et autrice de l’étude, Anne Plourde, en entrevue avec La Presse Canadienne.
La santé est le poste budgétaire le plus important au Québec. On parle de plus de 60 milliards $ pour 2024-2025.
A-t-on les moyens d’augmenter encore plus les dépenses en santé? Selon Anne Plourde, on «investit mal en santé» et c’est la raison pour laquelle on ne voit pas un meilleur accès pour la population.
«Ça fait des décennies qu’on sait que notre système est beaucoup trop centré sur les hôpitaux, sur les services spécialisés, sur-spécialisés, de deuxième et troisième lignes, qui sont très coûteux. C’est là qu’on met la grande majorité des investissements en santé et ce n’est pas là que c’est le plus efficace d’investir», explique la chercheuse.
«En général, on considère que la première ligne devrait répondre à 80 % des besoins de la population. En ce moment les trois quarts des fonds investis en santé et services sociaux sont investis dans la deuxième ligne et la troisième ligne», ajoute-t-elle.
L’IRIS propose aussi de «tripler le personnel de santé dans les CLSC» et de transférer «une bonne partie» des quelque 200 000 travailleurs de la santé qui sont dans le privé vers le public.
Le PQ a aussi promis de remplacer Santé Québec par une agence. Bien que critique de la création de Santé Québec, l’IRIS affirme que ce n’est pas un dossier prioritaire actuellement.
«Ça ne va pas changer grand-chose pour l’accès aux services, pour la population», soutient Anne Plourde.
L’étude de l’IRIS indique qu’il «n’existe actuellement aucune donnée officielle sur les montants totaux ou la part des dépenses investie en première ligne au Québec ni sur la quantité ou la proportion des effectifs du réseau travaillant en première ligne».
Thomas Laberge, La Presse Canadienne
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