Nous joindre
Publicité

Dans l'attente d'un nouveau logement

Plus de 70 ménages vivent toujours en logement d'urgence après le 1er juillet

Plus de 70 ménages vivent toujours en logement d'urgence après le 1er juillet
Photo: La Presse Canadienne

Un peu plus d'une semaine après la journée non officielle des déménagements au Québec, 71 ménages se trouvent toujours dans des logements d'urgence à Montréal, soit un peu plus du double de l'année dernière, où 40 ménages se trouvaient dans cette situation.

La plupart de ces ménages se sont retrouvés sans logement à l'approche du 1er juillet, date à laquelle de nombreux baux arrivent à échéance dans la province. Ils sont hébergés dans des chambres prises en charge par la ville, notamment dans des hôtels ou des logements appartenant à des organismes communautaires.

Rouzier Métellus, directeur du développement communautaire et social à l’Office municipal d’habitation de Montréal (OMHM), déplore le fait d'avoir 71 ménages en hébergement d’urgence, rappelant qu'il s'agit souvent de personnes qui ne peuvent plus être aidées par leur réseau.

Cette augmentation survient dans un contexte où le coût des logements est en hausse à Montréal, où l'abordabilité continue de se détériorer malgré une amélioration à l'échelle nationale. Selon une étude récente des Services économiques RBC, Montréal est un cas d'exception en matière de logement, avec l'indice d'abordabilité le plus bas depuis 1990, selon la banque.

Pour Véronique Laflamme, porte-parole d’une association à but non lucratif de défense du droit au logement, le recours accru aux logements d’urgence n’est pas en soi une mauvaise nouvelle.

Selon elle, il est positif que plus de locataires soient hébergés dans ces logements plutôt que d'être laissés à eux-mêmes et risquer alors de tomber dans l'itinérance.

Elle souligne toutefois la nécessité de proposer davantage de solutions permanentes abordables aux locataires, notamment des logements sociaux.

Les hébergements d’urgence municipaux restent gratuits pendant deux mois, après quoi le paiement est déterminé au cas par cas, mentionne M. Métellus.

L'OMHM accompagne ces ménages dans leur recherche d’un logement permanent. Cette mesure d’urgence est conçue comme une solution temporaire, selon M. Métellus, qui précise qu’il n’y a pas de limites officielles à la durée du séjour.

Il ajoute toutefois que l’organisme de logement de la Ville s’efforce de faire en sorte que les personnes trouvent un logement permanent au plus tard dans un délai de quelques mois.

Le nombre total de ménages suivis activement par l’organisme de logement a diminué par rapport à l’année dernière, passant de 296 à 208. Toutefois, ce chiffre ne prend en compte que les personnes qui ont pris contact avec l’organisme ou ses organisations partenaires.

Dans l’ensemble du Québec, 1724 ménages occupent un logement temporaire ou bénéficient d’une aide active de la part de l’organisme provincial chargé du logement afin de les accompagner dans leur recherche d’un logement. Parmi eux, 401 vivent dans des hébergements temporaires.

Le prix du logement à Montréal bat des records canadiens

D'après Jayne Malenfant, membre du corps professoral de l’Université McGill, le nombre de personnes sans domicile fixe après le 1er juillet reflète un problème plus large lié au logement à Montréal et au Québec.

Jayne Malenfant soutient qu'il faut continuer de se préoccuper de la question du logement même après le 1er juillet, car de plus en plus de personnes sont confrontées à des loyers inabordables ou sont évincées.

D'après cette personne, la crise du logement explique en partie que certaines protections des droits des locataires ont été supprimées ou affaiblies dans les dernières années. Ces protections contribuaient historiquement à ce que Montréal reste moins chère que Toronto et Vancouver, une tendance qui a commencé à s'inverser, précise Jayne Malenfant.

Dans une étude publiée fin juin, les Services économiques RBC ont constaté que les condos montréalais étaient moins abordables que ceux de Toronto au début de l'année 2026, une première en 16 ans. Toronto reste l’un des marchés immobiliers les plus chers du pays, mais la baisse des prix des condos combinée à la hausse des salaires dans cette ville a rendu les logements plus abordables que ceux de Montréal.

Selon M. Métellus, la hausse des coûts a des répercussions sur les services offerts par l’Office du logement de Montréal.

Jayne Malenfant présente deux facteurs qui pourraient être à l’origine de cette hausse. Premièrement, le marché immobilier est de plus en plus axé sur l’investissement plutôt que sur la mise à disposition de logements pour les personnes, ce qui signifie que même les logements vacants peuvent générer des bénéfices à la revente pour les propriétaires. Deuxièmement, les habitants s’opposent souvent à la construction de logements sociaux dans leurs quartiers en raison des jugements moraux et de la stigmatisation liés à la pauvreté.

Mme Laflamme souligne que le prix de la plupart des logements vacants dans la ville est supérieur à celui que peuvent se permettre les locataires en difficulté, ce qui signifie que ce n'est pas parce qu'un logement est vide qu’il représente une solution à ceux qui se retrouvent sans logement après leur déménagement.

Marieke Glorieux-Stryckman, La Presse Canadienne

RECOMMANDÉS POUR VOUS

Le taux de fécondité a légèrement augmenté au Québec en 2025
SociétéPublié à 15h00

Le taux de fécondité a légèrement augmenté au Québec en 2025

Le nombre de naissances d'une année à l'autre a augmenté au Québec en 2025 pour la première fois depuis 2021, mais reste bien en deçà du seuil prépandémique. Statistique Canada a recensé 78 200 naissances en 2025, soit 974 bébés de plus qu'en 2024, où 77 226 nouveaux Québécois avaient vu le jour. Le taux de fécondité a lui aussi ...

LIRE LA SUITE
Publicité
Les escaliers sont bons pour le cœur
SociétéPublié à 12h00

Les escaliers sont bons pour le cœur

Les personnes qui montent régulièrement des escaliers pourraient présenter un risque nettement moindre de développer des problèmes cardiovasculaires et d'en mourir, conclut une nouvelle méta-analyse britannique. Les chercheurs ont analysé les données issues de neuf études antérieures portant sur la montée d’escaliers, auxquelles avaient ...

LIRE LA SUITE
Publicité
Le stress pourrait causer l'apnée du sommeil, et pas seulement l'inverse
SociétéPublié hier à 15h00

Le stress pourrait causer l'apnée du sommeil, et pas seulement l'inverse

S'il est bien documenté que l'apnée du sommeil puisse être une source de stress, une nouvelle étude québécoise décrit possiblement pour la première fois une association inverse entre les deux problèmes. Les chercheurs ont notamment constaté, lors d'expériences en laboratoire, qu'un isolement social chronique provoque des modifications ...

LIRE LA SUITE
Publicité

Contacter La Presse Canadienne