Environnement
Des poissons de plus en plus en danger en raison des barrages hydroélectriques
L'énergie produite par les barrages hydroélectriques est peut-être moins verte qu'on le pense, affectant de nombreuses espèces aquatiques qui risquent de perdre leur habitat naturel, selon une récente étude.
«Les barrages hydroélectriques produisent de l'énergie faible en carbone, ce qui en fait une énergie verte du point de vue climatique. Mais sur le plan écologique, notamment pour la biodiversité, les impacts sont bien réels», a expliqué Habiboulaye Gano, étudiant à la maîtrise en sciences de l’environnement de l’Université du Québec à Trois-Rivières.
«Il faudrait quand même qu'il y ait une nuance par rapport à cette appellation», a-t-il avancé.
Pour produire de l'énergie avec un barrage, il est nécessaire de gérer les débits d'eau selon la demande en électricité, ce qui ne correspond pas aux besoins des écosystèmes dans les rivières québécoises.
De juin à septembre, l'eau est généralement retenue dans des réservoirs afin de la conserver pour les mois plus froids, où le besoin en électricité des ménages augmente.
«Cela entraîne des débits faibles en aval au moment où les poissons ont justement besoin d'eau pour se reproduire, se nourrir et survivre», a indiqué M. Gano.
Et la situation en hiver joue également sur les écosystèmes, puisque l'eau qui est relâchée provoque des crues artificielles, «contrairement au régime naturel où les rivières sont habituellement basses et gelées», a-t-il précisé.
Plusieurs espèces bien connues de nos rivières se retrouvent menacées par cette gestion de l'eau. C'est le cas de l'omble de fontaine, qui aime l'eau froide et se reproduire en hiver, a souligné M. Gano.
Le meunier noir et rouge est aussi affecté par les variations rapides de débit.
«Dans plusieurs rivières, il y a des populations d'espèces sensibles qui sont en déclin, où l'on voit une baisse des densités de poissons et une perte de diversité dans certaines espèces», a résumé l'auteur de l'étude.
Selon lui, certains cours d'eau sont aussi plus sensibles à ces variations, notamment la rivière Saint-Maurice en aval du barrage Gouin et la rivière Gatineau en aval du barrage Cabonga.
Des solutions suffisantes?
Des pratiques de gestion ont été mises en place pour limiter les impacts sur l'environnement, comme les passes migratoires qui permettent à certains poissons de traverser les barrages. Leurs résultats sont toutefois variables, a noté M. Gano.
Les débits réservés écologiques, qui dictent le minimum d'eau qui doit être maintenu dans les rivières pour assurer la survie des écosystèmes aquatiques, sont encore plus cruciaux.
Selon M. Gano, ces débits minimums ne sont toutefois pas tout le temps respectés.
«Les solutions sont là, mais elles sont insuffisantes», a-t-il estimé.
Audrey Sanikopoulos, La Presse Canadienne
RECOMMANDÉS POUR VOUS

Le taux de fécondité a légèrement augmenté au Québec en 2025
Le nombre de naissances d'une année à l'autre a augmenté au Québec en 2025 pour la première fois depuis 2021, mais reste bien en deçà du seuil prépandémique. Statistique Canada a recensé 78 200 naissances en 2025, soit 974 bébés de plus qu'en 2024, où 77 226 nouveaux Québécois avaient vu le jour. Le taux de fécondité a lui aussi ...
LIRE LA SUITE
Les escaliers sont bons pour le cœur
Les personnes qui montent régulièrement des escaliers pourraient présenter un risque nettement moindre de développer des problèmes cardiovasculaires et d'en mourir, conclut une nouvelle méta-analyse britannique. Les chercheurs ont analysé les données issues de neuf études antérieures portant sur la montée d’escaliers, auxquelles avaient ...
LIRE LA SUITE
Le stress pourrait causer l'apnée du sommeil, et pas seulement l'inverse
S'il est bien documenté que l'apnée du sommeil puisse être une source de stress, une nouvelle étude québécoise décrit possiblement pour la première fois une association inverse entre les deux problèmes. Les chercheurs ont notamment constaté, lors d'expériences en laboratoire, qu'un isolement social chronique provoque des modifications ...
LIRE LA SUITE