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La pauvreté affecte davantage la santé des immigrants

L'état de santé des immigrants décline plus rapidement que celui des Québécois nés dans la province en cas de faibles revenus, selon une étude de l'Université de Montréal.
Photo: Photo Agence QMI

L'état de santé des immigrants décline plus rapidement que celui des Québécois nés dans la province en cas de faibles revenus, selon une étude de l'Université de Montréal.

LAVAL - 

L'état de santé des immigrants décline plus rapidement que celui des Québécois nés dans la province en cas de faibles revenus, selon une compilation d'études réalisées par le département de médecine sociale et préventive de l'Université de Montréal.

«L'insuffisance des revenus et le manque de soutien social ont un effet considérable sur l'état de santé des immigrants», a souligné la professeure Maria-Victoria Zunzunegui. «Les immigrants qui habitent dans des quartiers dont le taux de chômage est élevé ont une moins bonne santé que les Québécois qui vivent dans ce même quartier», a-t-elle précisé.

Le suivi de près de 2000 enfants depuis 1998 a permis à la chercheuse de démontrer que les enfants d'immigrants dont les parents avaient un bon revenu étaient en meilleure santé que les enfants de parents québécois avec des revenus équivalents. Inversement, parmi les faibles revenus, les enfants d'immigrants ont une moins bonne santé que les enfants dont les parents sont Québécois.

«La migration, qu'elle soit contrainte ou choisie, a des impacts sur la santé des migrants», a expliqué pour sa part le Dr Franck Scola, spécialiste en psychiatrie transculturelle.

Selon ce médecin généraliste, «la migration crée un état de vulnérabilité, au niveau psychique, conjugal et social».

Chez les migrants, le recours aux soins est souvent tardif et se conjugue avec une incompréhension soignant-patient qui mène à des diagnostics erronés. La confiance d'un malade envers un médecin est moins probable quand le médecin est étranger que quand il est de même culture.

Au cours de sa carrière, le Dr Scola a noté une absence de compétence spécifique à la santé des migrants.

«Cette transculturalité de soin est insuffisamment enseignée. Il faudrait orienter vers une spécialisation sur ces champs d'expertise des professionnels de la santé et du management», a-t-il conclu.

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