Pierre Brochet veut freiner la collusion et la corruption
Le climat actuel qui règne sur la ville de Laval est source de motivation pour le nouveau directeur du service de police de la ville de Laval, Pierre Brochet, qui souhaite jouer un rôle clé dans la reconstruction de la crédibilité de l’administration publique lavalloise
«Je me mets à la place d’un citoyen et je m’attendrais à ce qu’il se passe quelque chose pour éviter que ça revienne. J’ai l’intention d’être un joueur clé qui va contribuer au changement. Je peux contribuer à établir des mécanismes, des principes et un plan pour mieux gérer le risque», explique, dans une entrevue accordée à <I>L’Écho de Laval<I>, celui qui, à titre de directeur adjoint du service de police de la ville de Montréal (SPVM), a contribué à la mise en place de l’escouade de protection de l’intégrité municipale (EPIM).
«Il faut que le service de police de Laval (SPL) soit vu comme un joueur clé dans l’ensemble des phénomènes de collusion et de corruption malgré son niveau de service. Je ne parle pas nécessairement de la création d’une EPIM, mais comment je peux aller le plus loin possible dans notre contexte? Je veux éviter qu’il y ait encore des arrestations similaires dans cinq ou sept ans. Le monde a changé et il faut s’adapter», poursuit le nouveau directeur d’un service d’une ville sous tutelle, qui a été assermenté le 12 septembre dernier.
Lutte au crime organisé
Pour M. Brochet, Laval et Montréal se ressemblent sur plusieurs points, mais «à plus petite échelle». Jugée comme sécuritaire, la ville qu’il protège désormais est en pleine croissance tout comme les phénomènes de crime organisé, d’incivilité et de prostitution.
«Je ferai l’impossible pour que Laval ne devienne pas un endroit où il est facile pour le crime organisé de s’installer», promet-il lorsqu’on le questionne sur les craintes que peuvent avoir les Lavallois après avoir appris que celui qui est décrit comme le parrain de la mafia italienne, Vito Rizzuto, se soit installé dans une résidence de l’île Jésus.
Il annonce aussi qu’une équipe régionale mixte de lutte contre le crime organisé composée de membres de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), de la Sûreté du Québec (SQ) et de son service verra le jour dans les prochaines semaines. Cette escouade logera à l’intérieur même du quartier général de la police de Laval situé sur le boulevard Chomedey.
M. Brochet réfléchit déjà aussi à la façon dont il pourrait appliquer certains principes de l’escouade Éclipse du SPVM, spécialisée dans la prévention du crime dans les bars, au sein de son service.
«C’est une unité qui travaille sur le terrain de jeux du crime organisé, qui fatigue, qui dérange, qui va chercher des renseignements et qui rassure le citoyen.»
Évolution du service
Originaire de New Richemond en Gaspésie et fils d’un ancien directeur du service de police de la municipalité, l’homme âgé de 48 ans a travaillé un peu plus de 28 ans au sein du SPVM. Il observe le milieu policier depuis bien des années et veut «faire évoluer un service qui va bien».
«La police communautaire est en place depuis 15 ou 20 ans, mais que se passera-t-il après. Comment la police devrait-elle rendre ses services? C’est là-dessus que je veux me pencher. Le défi c’est d’anticiper l’avenir et que Laval demeure une ville sécuritaire», indique M. Brochet.
Bien qu’il n’a pas encore pris connaissance du dossier d’implantation d’un second poste de gendarmerie dans l’ouest de l’île mis de l’avant par l’ancien directeur, M. Brochet estime qu’il s’agit d’un besoin et d’une option réalistes.
«Les véhicules doivent couvrir des distances incroyables pour répondre à des appels. Juste ça, c’est une raison pour un second poste. Il y a aussi les risques d’accident et délais de réponse. Mais avant tout, je veux voir l’efficacité des postes de quartier et la perception des citoyens envers ces derniers», explique celui qui a connu l’implantation des postes de quartier au SPVM sous l’ère de Jacques Duchesneau.
À ceux qui ont critiqué le fait que le nouveau directeur du SPL soit issu du SPVM plutôt que de l’interne, M. Brochet répond qu’il souhaite que la personne qui lui succèdera soit idéalement issue de l’interne.
«Ça va prendre un plan de relève et il va falloir clairement identifier des gens qui pourront occuper ce poste et leur permettre de se perfectionner.»
Avant de s’occuper de son plan de relève, le nouveau directeur se penchera sur son état major. Il indique qu’il prendra les prochaines semaines pour se positionner sur la structure de son service et son équipe rapprochée.
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