Mathématiques: un «cauchemar» pour les élèves québécois
Comme bien d’autres élèves québécois, Romy Langlois, neuf ans, éprouve beaucoup de difficultés à comprendre les fractions.
Les fractions sont mal enseignées aux élèves québécois et plusieurs d’entre eux en subissent les conséquences jusqu’à la fin de leurs études, affirme une chercheuse de l’Université Concordia.
«C’est vraiment le cauchemar des élèves. Et ça peut avoir un impact à long terme. Si les enfants ne comprennent pas les fractions dès le départ, ils éprouveront des difficultés scolaires tout au long de leurs études. Ça pourrait même retarder leur cheminement en mathématiques et en sciences», affirme Helena Osana, professeure agrégée au Département des sciences de l’éducation de l’Université Concordia.
Un concept complexe
Les résultats de l’étude de Mme Osana, publiés dans le British Journal of Educational Psychology, sont basés sur l’observation de deux classes d’élèves de cinquième et sixième année.
«Selon différentes études, 50% des élèves du primaire raisonnent avec des nombres entiers pour comprendre les fractions. Ils voient le symbole sur la page, mais ne le comprennent pas», explique Mme Osana.
«On s’est rendu compte que les élèves comprennent beaucoup mieux les fractions lorsque les enseignants utilisent des images», poursuit-elle.
La chercheuse indique que plusieurs enseignants abandonnent trop rapidement les exemples concrets lorsqu’ils enseignent les fractions, ce qui nuit à la compréhension de l’élève.
«Pour plusieurs jeunes, le concept est trop complexe. Ils ne le comprennent pas et éprouvent des difficultés plus tard lorsque, par exemple, ils abordent l’algèbre.»
La bête noire des élèves
Le service de soutien aux études Allô Prof a reçu 81 000 appels d’élèves en difficulté en 2012-2013. Plus de 65% des questions posées concernaient les mathématiques.
«Tant au primaire qu’au secondaire, les fractions sont une des notions les plus difficiles. On va même lancer un jeu en ligne pour aider les élèves à mieux comprendre ce concept», lance le porte-parole Marc-Antoine Tanguay.
«Il y a une peur des fractions qui est là jusqu’à la fin du secondaire. Ça reste la bête noire de tout le monde. Nous recevons même des questions là-dessus de la part d’élèves qui terminent leur secondaire.»
Romy Langlois, neuf ans, éprouve beaucoup de difficultés en mathématiques, alors qu’elle excelle dans tous les autres domaines.
«Même si mon prof est là pour m’aider, je trouve ça difficile, les mathématiques. Ça m’a pris du temps, comprendre les fractions. Les quarts, les tiers, c’est mélangeant», avoue-t-elle.
Le frère de Romy, qui entre cette année au secondaire, a également dû travailler fort pour maîtriser cette notion, ajoute son père Luc-André Langlois.
«Un enfant ne peut pas réussir avec seulement son matériel pédagogique. L’aide du parent est absolument nécessaire. Rendu à un certain niveau, comme la multiplication, les fractions deviennent complexes.»
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