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Opposition autour du projet de pipeline d’Enbridge

Le pipeline no 9 d’Enbridge cause des soucis à plusieurs Lavallois puisse qu’il passe au milieu de secteurs agricoles et résidentiels dans la ville, tel que sous ce champ à Saint-François
Photo: PHOTO ALARIE PHOTOS

Le pipeline no 9 d’Enbridge cause des soucis à plusieurs Lavallois puisse qu’il passe au milieu de secteurs agricoles et résidentiels dans la ville, tel que sous ce champ à Saint-François

La compagnie pétrolière albertaine Enbridge continue ses démarches auprès de l’Office national de l’énergie (ONÉ) dans le but d’inverser le flux du pipeline no 9, qui passe par l’ouest de Laval, mais le projet rencontre de plus en plus de résistance au sein de la Ville.

Le pipeline, construit dans les années 1970 dans le but de connecter Montréal à Sarnia, en Ontario, a déjà vu son flux initial — initialement vers l’est – être inversé dans les années 1990 afin d’accommoder l’augmentation des importations pétrolières au Canada. Toutefois, en raison de l’expansion rapide de l’industrie pétrolière albertaine depuis 2000, les compagnies canadiennes exigent maintenant que le pipeline soit transformé en moyen de transport afin d’acheminer leurs produits vers la côte est.

Le projet, qui traverse 115 municipalités en Ontario et au Québec, devrait être finalisé en 2014. En plus d’inverser le flux du pipeline, Enbridge compte aussi augmenter de 25 % son débit quotidien, soit à 300 000 barils par jour, comparativement à 240 000 actuellement.

Opposition à Laval

Longtemps passé sous le radar, le nouveau projet d’Enbridge suscite maintenant l’opposition de plusieurs groupes, dont un des partis d’opposition lavallois, le Parti au Service du Citoyen.

«J’ai des doutes par rapport à l’efficacité de ces tuyaux. Si le Vermont a refusé de laisser Enbridge passer par son territoire, c’est parce que quelque part, il a peur du pipeline lui-même, a dit le chef du parti et candidat à la mairie, Robert Bordeleau. Pourquoi, alors, eux sont contre et que nous on est très permissifs?»

L’état des tuyaux, construits il y a près de 50 ans, crée des doutes quant à la sécurité du pipeline au sein de plusieurs associations. Les organismes environnementaux Greenpeace Canada et Equiterre ont, à leur tour, prononcé leur opposition au projet, citant l’âge et l’état du pipeline, en plus de décrier l’arrivée potentielle des sables bitumineux albertains dans la belle province.

«Nous croyons que l’ensemble de la population du Québec doit se mobiliser contre ce projet. Enbridge a une feuille de route pitoyable quant à la sécurité de ses pipelines et est responsable du plus important déversement pétrolier en sol nord-américain en 2010 au Michigan», a déclaré Steven Guilbeault d’Équiterre.

Guy Garand, directeur général du Conseil régional de l’environnement de Laval, a aussi exprimé son désaccord envers le projet. «C’est une absurdité, surtout que le gouvernement du Québec a déjà parlé d’indépendance au pétrole [d’ici 2030]… Je ne vois aucun intérêt d’avoir ça ici. Si le malheur arrivait d’une fuite, la gestion va fort probablement nous coûter plus cher que ce que le pipeline va nous rapporter.»

«Un pipeline n’a pas d’âge»

Selon Éric Prud’Homme, chef des affaires publiques chez Enbridge, l’âge d’un pipeline n’a aucune conséquence sur l’état et la sécurité de celui-ci.

«Un pipeline n’a pas d’âge de vie préétabli. Lorsqu’il est entretenu, que les entretiens préventifs et les réparations sont faits, la durée de vie d’un pipeline est illimitée.»

«La question qui doit alors être posée est : qu’est-ce que la compagnie fait en sorte pour s’assurer de la prévention. Là, on parle de 450 M$ cette année, qui va monter à 800 M$, en termes d’entretiens préventifs», affirme M. Prud’Homme.

 

 

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