Gilles Vaillancourt et 35 co-accusés comparaissent
Gilles Vaillancourt, à sa sortie du palais de justice le 9 mai dernier.
La salle d'audience du palais de justice de Laval était remplie d'avocats pour la comparution de l'ex-maire de Laval et 35 co-accusés arrêtés pas l'UPAC. Mais s'ils étaient, pour la majorité, absents mercredi matin, le juge a été clair : ils devront tous être présents, sans exception.
L'audience aura été brève. Un par un, les avocats de Gilles Vaillancourt, Antonio Accurso, Claude Asselin, Rosaire Sauriol et tous les accusés ont défilé devant le juge pour répondre à de multiples accusations de fraude, de complot, d'abus de confiance ou encore de corruption dans les affaires municipales. Ils n'ont cependant pas encore enregistré de plaidoyer à ce stade-ci des procédures.
Seul Jean Bertrand n'était pas représenté, puisqu’il a annoncé qu'il se défendait seul.
«J'étais avocat en droit civil, pas en droit criminel, mais je vais apprendre», a-t-il dit au juge Gilles Garneau.
Les avocats en ont profité pour prendre une copie de la volumineuse preuve de la Couronne. Ils ont chacun reçu 12 DVD, ce qui représente environ la moitié des documents. Le reste devra suivre d'ici le 1er octobre, date à laquelle les accusés reviendront en cour. Et ils devront être présents, a ordonné le juge.
«Il n'y aura aucune exception», a insisté le magistrat.
L'ordre a semblé déplaire à l'avocat de Jean Gauthier, puisque ce dernier avait prévu d'être hors du pays entre le 23 septembre et le 9 octobre. Les billets ont déjà été achetés, a fait savoir l'avocat.
Mais le juge Garneau a été intransigeant.
«À partir du 1er octobre, je trouverais ça indécent que des prévenus se prélassent dans d'autres lieux alors qu'ils doivent préparer adéquatement leur dossier, a lancé le juge. Il pourra faire sa croisière à une autre date.»
Le juge a d'ailleurs affirmé qu'il ne laisserait pas le dossier s'étirer.
«C'est pressant et prioritaire, je peux vous dire que ça ne prendra pas trois ans», a-t-il ajouté.
Sauf qu'à ce stade-ci, on ignore comment sera géré le dossier. Il pourrait y avoir un méga-procès, ou des procès individuels. La Couronne n'a pas encore dévoilé ses cartes.
«Personne n'a l'intention de laisser traîner les choses, on a tous cette préoccupation», a assuré Me Claude Dussault, de la poursuite.
Mais compte tenu du volume de la preuve et du temps d'analyse par la défense, le procureur ne croit pas qu'une enquête préliminaire puisse se tenir en 2013.
Vaillancourt ciblait les candidats-vedettes
Le quotidien La Presse révélait mercredi matin, sous la plume de Francis Vailles, que Gilles Vaillancourt a tenté de distribuer des enveloppes d'argent comptant à la plupart des candidats-vedettes de Laval aux élections provinciales, tels que David Cliche, Joseph Facal et Thomas Mulcair. Il s'agirait, à chaque fois, d'un montant de 10 000 $.
La Presse a pu mettre la main sur des documents de l'UPAC pour constater ces allégations.
Rappelons que les ex-députés Serge Ménard et Vincent Auclair avaient affirmé avoir, eux-aussi, reçu une enveloppe contenant 10 000 $ en argent comptant.
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