Col bleu agressé: une accusation est déposée

Par Cédérick Caron
Après plus d’un an et demi d’enquête, une accusation sera finalement déposée contre le principal suspect dans l’histoire du col bleu agressé sexuellement à l’hiver 2000 dans une cafétéria du service des Travaux publics de Laval.
Léopold Coallier a reçu, à sa résidence de Mont-Laurier, une sommation pour comparaître au Palais de justice de Laval, le 17 janvier prochain, et répondre à une accusation d’agression sexuelle.
Au moment des faits reprochés, M. Coallier était un collègue de la victime. Il a ensuite été promu cadre et il est à la retraite depuis 2012.
Joint au téléphone, M. Coallier a préféré n’émettre aucun commentaire laissant le soin à son avocat de piloter le dossier.
De son côté, le plaignant s’est dit soulagé qu’une accusation soit finalement portée.
Au mois de mars dernier, L'Écho de Laval révélait que le service de police enquêtait sur cette histoire depuis près d'un an. Une vingtaine de témoins ont été rencontrés et le dossier a finalement été soumis au Directeur des poursuites criminelles et pénales en juin dernier, avant qu'un complément d'enquête ne soit demandé au mois d’août.
Selon ce qui avait été possible d'apprendre à l'époque, la victime, un homme, aurait été maintenu de force sur une table par quatre collègues, pendant qu'un cinquième le masturbait. Certains laissaient entendre qu’il aurait pu s’agir d’une «sorte d’initiation».
L'agression aurait été commise à l'intérieur de la cafétéria du secteur 2 A, qui n'existe plus aujourd'hui, et qui était située dans le secteur Chomedey.
Dans une entrevue accordée à L'Écho de Laval en avril dernier, la victime avait expliqué ne pas avoir porté plainte immédiatement craignant de perdre sa femme et son emploi.
C'est finalement au printemps 2012 que la victime a porté plainte après avoir étévictime d'harcèlement de la part du principal suspect. Un grief contre M. Coallier avait alors été déposé par le syndicat.
Le harcèlement du printemps 2012 avait d’ailleurs conduit à une importante manifestation de la part de cols bleus au bureau de M. Coallier qui a, par la suite, quitté son emploi.
La police de Laval a toujours mentionné que cette manifestation qui a conduit à l’arrestation et la mise en accusation de participants étaient liées au climat tendu de la négociation de convention collective.
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