Une seule politique d’admission
Garderies: Québec veut mettre fin aux admissions basées sur la religion

Par La Presse Canadienne
Le gouvernement fait le ménage dans les politiques d’admission des CPE et des garderies subventionnées pour mettre fin à la sélection des enfants basée sur la langue, la culture ou la religion.
La ministre de la Famille, Suzanne Roy, vient de déposer un projet de loi afin qu’il n’y ait qu'une seule politique d’admission «nationale et uniforme» pour les garderies subventionnées. La ministre a indiqué qu’après un inventaire, on avait dénombré près de 2000 politiques d’admission.
Si la pièce législative est adoptée, «seuls six critères de priorisation, reposant sur les principes d'égalité des chances, de mixité sociale et de conciliation famille-travail-études, seraient permis». Également seulement 50 % des places d’une garderie pourront être prioritaires.
Ces six critères concernent les enfants:
–présentant des besoins particuliers;
–vivant dans un contexte de précarité socio-économique;
–dont un parent est inscrit dans un établissement d'enseignement;
–dont un parent est à l'emploi d'un employeur donné;
–dont un parent réside sur le territoire d'une municipalité locale donnée;
–étant autochtones ou dont un parent est autochtone.
Le gouvernement va aussi interdire le matériel visant l’apprentissage d’une croyance, d’un dogme ou d’une pratique religieuse.
«Ces changements-là vont venir renforcer les principes de laïcité dans les services de garde financés par le gouvernement et je pense que du même coup ça va aussi encourager la mixité sociale entre les enfants», a dit la ministre en point de presse jeudi.
Cette initiative du gouvernement fait suite à un reportage de «La Presse» révélant que 36 garderies subventionnées de Montréal sélectionnaient les enfants sur la base de critères religieux ou ethniques, notamment.
Les garderies non subventionnées ne seront pas soumises à la nouvelle législation. La ministre admet d’ailleurs que des garderies subventionnées pourraient renoncer aux deniers publics pour ne pas se soumettre aux nouvelles règles de Québec.
«C'est possible et à ce moment-là, ils n'auront pas la possibilité d'avoir accès à des places à contribution réduite parce qu'il est clair que, comme gouvernement, ce que l'on souhaite c'est que notre État soit laïc», a affirmé la ministre Roy.
Thomas Laberge, La Presse Canadienne
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