Les Canadiens sont favorables à faciliter l'exercice des médecins formés à l'étranger
MONTRÉAL — Face à la pénurie de médecins au pays, un nouveau sondage montre que la population canadienne est d'avis qu'il y a urgence de trouver des solutions. Les résultats révèlent un fort appui pour faciliter l'exercice de la médecine pour des médecins qualifiés formés à l'étranger.
La pénurie de médecins continue de sévir au Canada, malgré une augmentation de l'effectif médical de 2,1 % entre 2018 et 2022, selon des chiffres de l'Institut canadien d'information sur la santé. D'ailleurs, dans un classement de 2023 de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le Canada arrivait au 27e rang sur 37 pays, avec un taux de 2,8 médecins pour 1000 habitants.
Lorsqu’on demande aux répondants du sondage de classer par ordre de priorité les mesures à prendre pour remédier à la pénurie de médecins, la mesure la plus populaire est de faire en sorte que des citoyens canadiens formés à l’étranger reviennent exercer la médecine au Canada.
Arrivent ensuite des mesures qui favoriseraient l'obtention d'un permis d'exercice au pays pour des médecins provenant de pays préapprouvés ayant une formation médicale comparable au Canada, comme les États-Unis et l'Australie.
La troisième mesure, la moins populaire qui montre néanmoins un appui favorable de 78 % des répondants, est de délivrer un permis d’exercice aux médecins formés à l’étranger qui résident déjà au Canada, mais qui n’exercent pas actuellement la médecine. Par exemple, un pédiatre qui a suivi sa formation à l’étranger, mais qui travaille désormais au Canada dans un domaine non lié aux soins de santé.
De plus, la majorité (86 %) des Canadiens sont favorables à l’élargissement de la liste des pays où la formation médicale est comparable à celle du Canada. Actuellement, sur cette liste, on retrouve entre autres l’Australie, Hong Kong, l’Irlande, l’Afrique du Sud et le Royaume-Uni. L'ajout d’autres pays permettrait à un plus grand nombre de médecins de bénéficier d’un processus accéléré pour exercer au Canada.
Le sondage a été réalisé par Nanos Research pour le Conseil médical du Canada (CMC), qui établit des normes nationales et offre des évaluations et des services de vérification des titres de compétences qui aident les ordres des médecins en matière d’octroi de permis. Le CMC ne délivre pas de permis d’exercice. Ce pouvoir revient aux provinces et territoires. Par exemple, au Québec, le permis d'exercice est délivré par le Collège des médecins du Québec.
Les résultats du sondage indiquent par ailleurs que 55 % des Canadiens sont largement favorables et 29 % plutôt favorables à ce que les médecins titulaires d’un permis d’exercice dans une province puissent exercer plus facilement dans d’autres provinces sans avoir à obtenir de permis supplémentaire ni à passer d’autres examens.
«Le Canada compte des médecins qualifiés qui pourraient contribuer à remédier à la pénurie, a déclaré dans un communiqué le Dr Viren Naik, directeur général du CMC. La prochaine étape consiste à créer des mécanismes plus clairs et plus uniformes leur permettant de démontrer qu’ils sont prêts à exercer. Des outils nationaux d’évaluation peuvent aider les organismes de réglementation à prendre des décisions en matière d’octroi de permis de façon efficace et uniforme, tout en veillant à ce que les médecins soient en mesure de fournir des soins sécuritaires à la population canadienne.»
Sondés sur les principaux défis auxquels le système de santé est actuellement confronté, les Canadiens citent le plus souvent les longs délais d’attente. Au Québec, la réponse la plus souvent donnée est la pénurie générale d’infirmières et de personnel de la santé.
Le sondage a été mené 6 au 11 mai 2026 auprès d'un échantillon en ligne non probabiliste représentatif de 1000 adultes canadiens. Un échantillon de cette taille a normalement une marge d'erreur de plus ou moins 3,1%, 19 fois sur 20.
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Katrine Desautels, La Presse Canadienne

