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L'alimentation et l'exercice peuvent contre le diabète de type 2, montre une étude

L'alimentation et l'exercice peuvent contre le diabète de type 2, montre une étude
Photo: La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Un régime hypocalorique associé à un programme d'activité physique structuré a entraîné une rémission chez environ la moitié des individus qui avaient développé un diabète de type 2 avant l'âge de 45 ans, montre une nouvelle étude internationale pilotée par une chercheuse montréalaise.

Si un régime hypocalorique peut à lui seul faire baisser la glycémie en dessous des seuils diagnostiques du diabète de type 2 sans traitement médicamenteux, ce qui constitue une rémission, l'ajout d'une activité physique structurée peut apporter des bienfaits synergiques, notamment une meilleure condition physique, le maintien de la masse musculaire, une amélioration de la fonction cardiaque et une diminution de la résistance à l'insuline, a-t-on expliqué par voie de communiqué.

«C'est connu qu'une diète hypocalorique puisse donner une rémission du diabète de type 2, mais ça n'avait jamais été combiné avec un programme d'exercices structuré, a dit l'auteure de l'étude, la docteure Kaberi Dasgupta, du Centre universitaire de santé McGill. Et l'exercice peut entraîner d'autres bénéfices (complémentaires), comme une augmentation de la forme physique et de la santé des muscles.»

Une centaine d'adultes âgés de 18 à 45 ans en situation d'obésité, qui présentaient un diabète de type 2 depuis moins de six ans et qui ne prenaient pas d'insuline, ont participé à cette étude.

Un groupe a reçu les soins habituels. Un autre a profité d'une intervention associant un apport énergétique limité de 800 à 900 kcal/jour, des séances d'exercice supervisées deux fois par semaine (aérobie, musculation) et une séance d'exercice autonome une fois par semaine pendant les semaines 1 à 12, suivie d'un régime de maintien du poids associé à une activité physique autonome pendant les semaines 13 à 24.

La docteure Dasgupta et ses collèges ont constaté, au sein d’une population multiethnique atteinte de diabète de type 2 précoce, que l’intervention «RESET for Remission» a permis d’obtenir un taux de rémission de 54 % à 24 semaines, contre 4 % dans le groupe témoin.

Un ajustement statistique a montré qu'en moyenne, les participants du groupe d'intervention ont perdu 7,5 kilos de plus que ceux du groupe témoin à la semaine 24, dont 6,6 kilos supplémentaires de masse graisseuse.

Une analyse statistique a aussi montré, après ajustement, que les participants du groupe d'intervention avaient 21 fois plus de chances d'entrer en rémission que ceux du groupe témoin.

Les chercheurs rapportent que l’intervention a permis de préserver le volume musculaire; de réduire l'accumulation anormale et excessive de graisse à l'intérieur et autour des fibres des muscles squelettiques; et d’augmenter la force.

«Quand on perd du gras, on perd aussi du muscle, c'est la réalité, a rappelé la docteure Dasgupta. C'est un peu normal parce qu'en maigrissant, on a moins de poids à soutenir. Mais si on est capables de prévenir ça, tant mieux, parce que dans la vie, on est mieux d'avoir plus de muscles, surtout quand on est plus âgé. Et le muscle lui-même fait un certain métabolisme de glucose qui protège contre le diabète.»

L'une des principales raisons justifiant l'association d'un régime hypocalorique à une activité physique structurée, expliquent les auteurs de l'étude, était donc «de préserver la masse musculaire et d'améliorer la qualité et la fonctionnalité musculaires, ce qui revêt une importance particulière dans le cas du diabète de type 2 précoce, caractérisé par un fardeau à long terme lié aux complications».

Ils rappellent que les personnes atteintes de diabète de type 2 présentent un risque accru de troubles de la fonction physique, de fragilité et de progression de la maladie. À ce titre, disent-ils, «la masse musculaire constitue une cible thérapeutique importante dans le traitement du diabète de type 2 précoce».

«Les améliorations observées pour plusieurs paramètres de santé cardiovasculaire comprenaient une augmentation de 10,3 % de la capacité cardiorespiratoire par rapport à la masse corporelle, une baisse de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque au repos, ainsi qu’une géométrie ventriculaire gauche plus favorable, écrivent-ils. Le fardeau des symptômes dépressifs et la détresse liée au diabète ont diminué, tandis que la qualité de vie s’est améliorée.»

Même si des molécules comme le sémaglutide et le tirzépatide ont la cote en ce moment, il reste qu'on ne sait rien des effets sur la santé que pourront avoir leur prise à long terme, a rappelé la docteure Dasgupta.

On constate par exemple que certains patients commencent à présenter une tolérance à ces molécules qui les rend moins efficaces. On ne sait pas non plus quel impact elles pourraient avoir sur la fertilité.

«Est-ce que quelqu'un de 30 ans qui développe un diabète de type 2 va commencer un médicament qu'il va devoir prendre pendant des dizaines d'années?», a-t-elle demandé.

Un programme d'intervention comme celui mis à l'essai dans le cadre de cette étude ouvre non seulement la porte à une rémission de la maladie, mais il permet aussi d'améliorer la santé globale, a souligné la chercheuse.

Et à ceux qui font remarquer qu'il faudrait des ressources considérables pour offrir un tel accompagnement à tous les patients qui en ont besoin, elle fait remarquer que l'Angleterre a réussi à le faire.

Les auteurs de l'étude concluent en estimant que leurs résultats démontrent «la faisabilité et l’efficacité de l’association d’exercices aérobiques et de résistance structurés à une alimentation à faible indice glycémique dans le traitement du diabète de type 2 à début précoce, ce qui confirme son potentiel à apporter des bienfaits substantiels et holistiques en matière de santé et de bien-être, parallèlement à la rémission du diabète».

Les conclusions de cette étude ont été publiées par le journal médical The Lancet Regional Health Americas.

Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne