L'Alaska souhaite adopter une résolution qui affirme la souveraineté du Canada


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Par La Presse Canadienne, 2024
Le 49e État américain affiche son soutien au Canada, au moment où le président Donald Trump dit souhaiter qu'il devienne le 51e État des États-Unis.
Le représentant républicain Chuck Kopp de l'Alaska, État qui partage une frontière avec le Yukon et qui est séparé de la zone continentale des États-Unis par le Canada, affirme que son État n'approuve pas la guerre commerciale et la tentative d'annexion du président contre le Canada.
Il a proposé une résolution conjointe à l'assemblée législative de l'État qui affirmerait la souveraineté du Canada et qui reconnaîtrait les liens séculaires et durables entre l'Alaska et le Canada.
«Cette résolution vise avant tout à présenter une voix unifiée en faveur de la restauration et de la réconciliation entre de vieux alliés et amis, à un moment où les restrictions commerciales ont mis en péril et remis en question cette relation», a expliqué M. Kopp, lors d'un témoignage cette semaine devant la commission sénatoriale des ressources de l'Alaska.
«La confiance et l'affection que nous portons à nos voisins canadiens s'étendent à leur identité en tant que citoyens de la nation souveraine du Canada. Notre histoire est tissée ensemble, a-t-il dit. Nous ne pouvons imaginer l'Alaska sans le Canada.»
La résolution, adoptée à la Chambre des représentants, devait être réexaminée au Sénat, avec d'éventuels amendements à une date ultérieure.
La résolution stipule qu'une copie de celle-ci devrait être envoyée à plusieurs responsables, dont M. Trump et le premier ministre Mark Carney.
M. Kopp a déclaré au comité que l'Alaska et le Canada entretiennent depuis longtemps des liens culturels, militaires et économiques solides.
Avant l'établissement d'une frontière moderne entre l'État et le Canada, il a rappelé que les peuples autochtones se déplaçaient librement pour commercer et partager leurs connaissances et leur culture.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis et le Canada ont collaboré à la construction de l'importante route de l'Alaska.
«Ce qui était au départ une nécessité en temps de guerre est devenu une artère économique permanente entre l'Alaska et le Canada», a soutenu M. Knopp.
«Nos épiceries regorgent de légumes frais, de produits laitiers et de produits emballés qui arrivent par les chaînes d'approvisionnement canadiennes.»
Il a déclaré 20 000 emplois en Alaska dépendent également des relations de l'État avec le Canada.
«Maintenir nos relations avec le Canada n'est pas seulement une bonne politique, a-t-il affirmé. C'est vraiment l'essence même des Alaskiens, et nous reconnaissons que c'est essentiel à notre mode de vie.»
Le premier ministre du Yukon, Ranj Pillai, a comparu devant le comité lundi par visioconférence. Il a dit espérer que le Sénat de l'État se mobilise pour protéger les relations de l'Alaska avec le Canada.
«Nous devons continuer à travailler ensemble pour protéger les moyens de subsistance de nos citoyens et nos économies», a soutenu M. Pillai.
«Comme tous les bons voisins, en période difficile, les Alaskiens et les Yukonnais sont là pour s'entraider.»
Outre leurs économies mixtes, il a indiqué que les deux régions collaborent pour lutter contre les incendies de forêt et participent côte à côte à de nombreux événements sportifs dans l'Arctique.
«Je tiens à souligner que la réponse du Canada aux droits de douane et nos efforts pour protéger notre économie et notre souveraineté ne reflètent pas nos sentiments envers le peuple américain», a-t-il affirmé, à propos des droits de douane promis en guise de représailles par le Canada.
«Nous restons vos plus grands amis et vos plus proches alliés. Nous voulons continuer à travailler ensemble, comme nous le faisons depuis 150 ans.»
La présidente du Sénat, la républicaine Cathy Giessel, a conclu la brève réunion en remerciant M. Pillai.
«Ayant toujours vécu en Alaska, je suis entièrement d'accord avec chacun de vos propos», a-t-elle dit.
«Je peux aussi dire, sincèrement, que j'aime les Canadiens, car mon plus jeune fils a la double nationalité. Il vit dans une autre province.»
Fakiha Baig, La Presse Canadienne