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Gull-Masty réticente à criminaliser le négationnisme sur les pensionnats

Gull-Masty réticente à criminaliser le négationnisme sur les pensionnats
Photo: La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — La ministre des Services aux Autochtones, Mandy Gull-Masty, est restée évasive lorsqu’on lui a demandé si elle était favorable à la criminalisation du négationnisme concernant les pensionnats pour Autochtones, après qu’un groupe lié au nationalisme blanc aurait organisé une manifestation dans l’intérieur de la Colombie-Britannique ce week-end.

Rosanne Casimir, cheffe de la Première Nation Tk̓emlúps te Secwépemc, a indiqué qu'un groupe d'individus masqués avait déployé dimanche une banderole depuis un viaduc à Kamloops, en Colombie-Britannique, remettant en cause les informations faisant état d'inhumations sur les anciens sites des pensionnats pour Autochtones.

Cette manifestation — au cours de laquelle a notamment été déployée une banderole portant le message «Got bones?» («Vous avez des ossements?») — s’est déroulée quelques jours seulement avant la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. Cette journée est vouée à rendre hommage aux enfants qui ont fréquenté les pensionnats pour Autochtones et à se souvenir de ceux qui ne sont jamais rentrés chez eux.

«La suprématie blanche ne parviendra pas à semer la peur chez des générations de survivants et de survivants intergénérationnels qui portent déjà cette peur depuis bien trop longtemps. Notre peuple sait ce que signifie vivre avec la peur que d’autres nous ont imposée», a martelé Mme Casimir dans un communiqué de presse dimanche.

«Pourtant, nous connaissons aussi la force, la résilience et le courage de nos survivants, de nos familles et des membres de notre communauté. Nous avons enduré la peur, et nous ne nous laisserons pas intimider. Nous restons unis, jour après jour et génération après génération, pour veiller à ce que cette histoire ne se répète jamais.»

Plus de 150 000 enfants autochtones ont été contraints de fréquenter des pensionnats, dont le dernier a fermé ses portes en 1996. Des milliers d’enfants sont morts dans ces établissements.

La députée néo-démocrate Leah Gazan a déposé un projet de loi d’initiative parlementaire actuellement examiné par la Chambre des communes, qui criminaliserait comme discours de haine le fait de tolérer, de nier, de minimiser ou de justifier les pensionnats pour Autochtones. Il s’agit du libellé utilisé pour criminaliser la négation de l’Holocauste dans le Code pénal.

Les chefs de l’Assemblée des Premières Nations ont appelé le gouvernement à adopter cette législation à plusieurs reprises, et encore récemment en juillet.

La résolution adoptée par les chefs est intervenue peu après l’adoption par les libéraux d’une nouvelle loi sur les crimes de haine. Certains sénateurs ont tenté, sans succès, de modifier cette loi afin d’y inclure le négationnisme concernant les pensionnats.

Certains chefs des Premières Nations ont demandé au gouvernement libéral de présenter son propre projet de loi similaire — qui aurait plus de chances d’être adopté —, mais la ministre des Services aux Autochtones n’a pas voulu s’engager dans ce sens lundi.

«Même si je reconnais que l’opposition prend position et tente de faire avancer les choses, c’est à elle d’en prendre l’initiative», a déclaré Mandy Gull-Masty lors d’une conférence de presse sans rapport avec ce sujet à Ottawa.

«Nous devons nous laisser guider par les communautés pour nous assurer que les décisions que nous prenons reflètent véritablement ce qu’elles attendent en termes de soutien.»

La Presse Canadienne a sollicité un entretien avec le ministre de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree, au sujet des événements du week-end et de la manière dont le gouvernement lutte contre le négationnisme concernant les pensionnats pour Autochtones.

Dans un message publié sur les réseaux sociaux, l’Assemblée des Premières Nations a dit condamner fermement les manifestations de racisme et de haine observées en Colombie-Britannique.

«Nous demandons qu’une enquête approfondie soit menée et que les gouvernements et les Canadiens se joignent à nous pour lutter contre le racisme», peut-on lire dans le message.

«Cela n’a pas sa place dans la société d’aujourd’hui. Nous devons nous unir contre l’ignorance, le racisme et les mensonges, et défendre les droits des Premières Nations, la vérité et la réconciliation.»

Alessia Passafiume, La Presse Canadienne